Au pingouin urbaniste
Au pingouin urbaniste
 

Wendell Cox et Andres Duany... le débat

Une perle. Pour quiconque s'intéresse à la question de l'étalement urbain, particulièrement en Amérique du Nord, une discussion entre Monsieur New-Urbanism (Duany) et Monsieur Vive-l'Étalement-et-la-Liberté-des-Lois-du-Marché (Cox).

Deux extrêmes visions de l'urbanisation. L'un est pro-villages stroumpfs, densité et TOD, et l'autre... disons... pro-encadrement minimal, laisser-faire selon la demande immobilière et économique, pour que tout le monde puisse choisir ce qu'il veut.

M. Cox est consultant en politiques publiques et a rédigé l'année dernière une étude pour l'Institut économique de Montréal qui s'appelle Transport et logement à Montréal - Comment le développement de la banlieue rend la métropole plus compétitive, dans laquelle il défend le fait que le développement de la banlieue de Montréal depuis la Seconde Guerre Mondiale a permis une économie florissante : l'accession à la propriété et la construction des infrastructures de transport (la région urbaine de Montréal possède apparemment la plus haute densité autoroutière parmi toutes les régions urbaines de plus d'un million d'habitants au Canada, aux États-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande) ont permis à la région la qualité de vie pour laquelle elle est bien connue. Et selon lui, la mise en place de politiques de réduction de l'étalement urbain et de la place de l'automobile comme celles de Toronto, ont comme conséquence l'augmentation du coût du terrain et la fuite de populations vers des zones moins chères, donc un déclin économique de la zone urbaine.

Tout cela est tout à fait intéressant, mais j'ai plus de mal à admettre certains arguments comme "la banlieue dilue la pollution" ou encore simplement le fait que la non-gestion de l'étalement soit bêtement meilleure pour l'économie. C'est sûr que c'est prendre la question à l'envers, pour une fois, au lieu de condamner l'étalement d'un bloc. Néanmoins, à mon avis, la théorie est simplement envisagée à court terme, et ça me parait évident qu'un laxisme aménagiste ne risque pas d'être positif à long terme. Cela dit (...), je suis ouverte au débat !

Quoi qu'il en soit, j'aime beaucoup sa cravate "tissu urbain organique" lors de la réunion à l'IEDM. Un comble !... ou un clin d' oeil bien vu ? hahaha.

cravate

 

De retour...

... de vacances, et surtout de fin de semestre. Quasiment le dernier pour ma maîtrise en urbanisme, que je devrais finir après ce semestre de rédaction et un stage. Il est donc temps, après la période des fêtes, de mettre ce blog à jour en y mettant à disposition les travaux que j'ai rendu fin décembre. Tout d'abords, une trace de travail de mon mémoire, qui est en fait un travail dirigé, sur l'étalement urbain et l'avenir de notre profession face à cette forme urbaine.

À mon avis, ce document, qui est loin d'être achevé ou exhaustif, pourrait être utile pour sa bibliographie et le résumé qu'il constitue. J'y parle du contexte urbain actuel (le phénomène urbain, l'image de la ville, le modèle occidental), du phénomène actuel d'étalement urbain (caractéristiques morphologiques, difficulté de définition de l'objet, ampleur), des principales critiques de cette forme urbaine (gâchis d'espace, question environnementale, faibles qualités spatiales et sociales, la question de l'identité, la santé, ...) et je me demande à quoi l'étalement est une réponse et qui est à son origine. Après ce cadre théorique, j'ouvre les questions sur le rôle des urbanistes et leur possibilité d'évolution et d'action sur les formes urbaines. Quel est le rôle de l'urbaniste ? voilà où j'en suis : 1. Assurer et réfléchir un avenir à la forme urbaine ; 2. Accepter l'héritage urbanistique comme base d'une évolution ; 3. Comprendre l'évolution des modèles de références...

Et maintenant c'est parti pour un semestre de recherches / rédaction tout en finissant ma maîtrise par un beau cours de développement urbain durable... et un petit voyage de 4 semaines à Portland, Oregon, qui va me permettre d'aller vérifier en vrai tout ce qu'on dit sur cette ville qui est si souvent prise en exemple. À voir à partir de fin février ! D'ici là, bonne lecture, d'autres documents arrivent en ligne.

pouet

Et sinon, bonne année à tous !

 

Étalement jargoain

Actuellement en pleine recherche documentaire pour lancer mon mémoire, je me heurte une fois de plus au jargon urbanistico-géographique et à sa variété de mots qui "désignent presque la même chose mais pas tout à fait"... Un petit avant-goût des synonymes et autres appellations pour désigner ce que les Français appellent couramment lotissements et les Nord-Américains banlieue. En voici donc une petite liste, non exhaustive nous sommes d'accord, et dont les acceptions sont, ça serait trop simple, subtilement variées :

  • l'étalement urbain
  • le (étalement, espace, zone, ...) périurbain(e)
  • le rurbain
  • le pavillonnaire
  • le suburbain, suburbia
  • exurbia
  • le sprawl
  • la Zwischenstadt (conf. Siegveld)
  • la ville diffuse
  • la ville éparpillée
  • la ville émergente
  • la non-ville (mais non-campagne aussi...)
  • la (ville en) conurbation
  • exopolis
  • edge-cities
  • ...

Tous tombent néanmoins d'accord sur un point, elle se ressemble, au-delà des limites des faubourgs qui constituent une première couronne autours des vieux centres, centres denses, centres historiques voire centre des affaires selon les cas et les continents, elle garde des caractéristiques de répétition morphologique impressionnantes, ou effrayantes selon le point de vue ou l'avis... Pour en être plus conscient, un lien vers un site relativement impressionnant, qui illustre la variété d'une même forme (!) et dont les deux photos suivantes sont extraites. La première est prise à Dallas et la seconde à Seattle. Mais ce n'est pas comme si ça faisait une différence fondamentale, on pourrait être n'importe où ailleurs aux États-Unis.

pouet

pouet

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