Projets d'architecture ou comment faire pour qu'un urbaniste s'arrache les cheveux
Par Pauline Wolff, pingouin urbaniste, mardi 21 novembre 2006 { Thème - Recherches sur le WWW } | 11 commentaires
Nous avons récemment pu découvrir dans la salle d'exposition de la Faculté d'aménagement les lauréats du concours LEAP (Laboratoire d'Étude de l'Architecture Potentielle) sur le logement social. Ils sont surprenants, allez y jeter un coup d'oeil. Les planches sont très belles, vraiment, mais il y a quelques choses qui m'échappent.
D'abords, à mon avis, l'horreur de reléguer des gens dans des logements sociaux cachés derrière des affiches publicitaires géantes à la Time Square, ça me fait penser à un abonnement téléphonique de cellulaire qui était offert en France il y a quelque années : téléphone à volonté mais coupures de pub toutes les minutes pendant 15 ou 10 secondes. Argh. 1er prix, précisons.

Ensuite et surtout l'extraordinaire capacité qu'ont les architectes en puissance (tous étudiants dans ce concours) à concevoir des bâtiments sans contexte. Comme c'est pratique ! Pas de contrainte, pas d'environnement, pas de vécu, pas d'histoire, pas de réflexion paysagère, enfin bref à mon avis pas de projet. Juste un concept. Je suppose que c'est là où nous intervenons, urbanistes. C'est quand même un peu décourageant, moi qui pensais naïvement que le contexte devait influençer la forme comme la fonction. Je suppose que c'est voulu dans le concours, mais c'est un peu effrayant, à mon avis. Mais bon ceci dit, il faut prendre cet exemple comme un projet de recherche, ça me rassure.
Sinon un clin d'oeil pour le projet Habiter le Centre-Vide qui a reçu la mention d'honneur (je n'aurais pas pû leur donner mieux). Il traite du même secteur que celui sur lequel nous avons travaillé pendant 4 mois en atelier d'intégration (forcément avec un nom comme ça, on peut deviner le contraste entre nos deux projets). Je suis en cours de rédaction du billet qui va présenter notre rendu final, je pense que je peux m'arrêter là pour les commentaires, mais moi j'ai failli pleurer.

Je vous laisse juger de ça par vous même en regardant les planches des lauréats, moi je vais continuer mon livre sur le sprawl.








