Au pingouin urbaniste
Au pingouin urbaniste
 

Projets d'architecture ou comment faire pour qu'un urbaniste s'arrache les cheveux

Nous avons récemment pu découvrir dans la salle d'exposition de la Faculté d'aménagement les lauréats du concours LEAP (Laboratoire d'Étude de l'Architecture Potentielle) sur le logement social. Ils sont surprenants, allez y jeter un coup d'oeil. Les planches sont très belles, vraiment, mais il y a quelques choses qui m'échappent.

D'abords, à mon avis, l'horreur de reléguer des gens dans des logements sociaux cachés derrière des affiches publicitaires géantes à la Time Square, ça me fait penser à un abonnement téléphonique de cellulaire qui était offert en France il y a quelque années : téléphone à volonté mais coupures de pub toutes les minutes pendant 15 ou 10 secondes. Argh. 1er prix, précisons.

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Ensuite et surtout l'extraordinaire capacité qu'ont les architectes en puissance (tous étudiants dans ce concours) à concevoir des bâtiments sans contexte. Comme c'est pratique ! Pas de contrainte, pas d'environnement, pas de vécu, pas d'histoire, pas de réflexion paysagère, enfin bref à mon avis pas de projet. Juste un concept. Je suppose que c'est là où nous intervenons, urbanistes. C'est quand même un peu décourageant, moi qui pensais naïvement que le contexte devait influençer la forme comme la fonction. Je suppose que c'est voulu dans le concours, mais c'est un peu effrayant, à mon avis. Mais bon ceci dit, il faut prendre cet exemple comme un projet de recherche, ça me rassure.

Sinon un clin d'oeil pour le projet Habiter le Centre-Vide qui a reçu la mention d'honneur (je n'aurais pas pû leur donner mieux). Il traite du même secteur que celui sur lequel nous avons travaillé pendant 4 mois en atelier d'intégration (forcément avec un nom comme ça, on peut deviner le contraste entre nos deux projets). Je suis en cours de rédaction du billet qui va présenter notre rendu final, je pense que je peux m'arrêter là pour les commentaires, mais moi j'ai failli pleurer.

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Je vous laisse juger de ça par vous même en regardant les planches des lauréats, moi je vais continuer mon livre sur le sprawl.

 

Analyse de design urbain du stade olympique de Montréal à la lumière des théories modernistes

Vous pouvez apercevoir le Stade olympique de Montréal sur la bannière du site de temps en temps, entre quelques arbres du jardin botanique, situé juste à côté de lui, de l'autre côté de l'avenue Sherbrooke... En fait on le voit souvent à Montréal, il est gigantesque et la forme de sa tour est vraiment particulière. Conçu par l'architecte Roger Taillibert (à qui on doit entre autres, le Parc des Princes en France) pour les Jeux Olympiques de 1976, il est tellement polémique et symbolique pour ma métropole préférée que je n'ai pas pu résister...

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Introduction de mon document téléchargeable (un peu long à télécharger, mais que voulez-vous, les illustrations sont indispensables pour une analyse spatiale !) rendu dans le cadre du cours d'analyse de milieu et design urbain de Marie Lessard :

"Le stade olympique de Montréal est trop controversé pour qu’on puisse en faire l’analyse d’un point de vue uniquement spatial. Son impact est social, économique et politique, et la perception qu’en ont les montréalais découle directement de son histoire, et plus précisément de la grande aventure de ses étapes de conception/construction/paiement. Il est un symbole avant d’être un lieu, il est perçu avant d’être vécu, et l’arrogance de “la plus haute tour inclinée du monde�, visible de partout dans la ville du côté Est du Mont-Royal, est quasiment ressentie comme une provocation pour la population montréalaise.

Il est donc à analyser à différentes échelles, et sous des angles variés, qui participent tous à éclairer son “design urbain�. Il a une place et une signification internationales, il existe à l’échelle de la ville, du quartier, et du lieu lui-même pour ses usages directs. Si la notion de design urbain est à percevoir comme une relation entre usages et formes à différentes échelles, en fonction d’un contexte spatial et “utilitaire�, afin qu’un projet, un site et des humains évoluent dans une relation de compatibilité idéale, la cas du stade mérite plusieurs niveaux d’analyse. Il s’agira donc d’en cerner les qualités comme les défauts, et l’esprit dans lequel il a émergé, qui va influencer toute sa perception.

La période pendant laquelle il a été dessiné, soit le début des années 1970, l’échelle du bâtiment, l’ampleur du projet du parc olympique, le matériau utilisé et la façon de traiter l’espace extérieur public sont fortement imprégné de tendances modernistes, bien que finissantes voire déjà controversées à cette époque. Il m’a donc semblé intéressant d’analyser le design urbain du stade olympique à la lumière des théories modernistes du CIAM et de leurs contemporains, en considérant le stade comme une partie du parc olympique, mais surtout en l’analysant pour lui-même et l’espace public qui l’entoure. Ces différents éléments ont en effet été dessinés comme faisant partie d’un tout, mais de façon relativement décousue et étant supposément capables d’évoluer séparément pour être réutilisés à l’avenir suite aux Jeux Olympiques de 1976".

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Depuis le moment où j'ai mis ce document en ligne, j'ai eu le plaisir d'apprendre qu'il a été noté A+, il est donc validé fiable... Bonne lecture !

 

Edinburgh (ou Édimbourg pour les français qui traduisent toujours tout) et son architecture

La ville d'Edinburgh est connue pour sa particularité d'être divisée en deux, d'un côté la vieille ville sur un éperon montagneux, et de l'autre la nouvelle ville, que les plus riches ont commencé à construire au 19ème (style géorgien) suivant une trame hortogonale et régulière, entrecoupée de squares (qui, lorsqu'ils étaient arrondis, entrainaient une forme viaire également arrondie comme ci-dessous, mais toujours aussi régulière). Dans cette "nouvelle ville", certaines choses sont à noter, dont j'ai appris aujourd'hui les raisons d'être.

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D'abords, le fait que les rues soient tellement homogènes architecturalement. Si l'Écosse fonctionne comme l'Angleterre, le système de propriété foncière est assez particulier : on n'est jamais vraiment propriétaire de sa maison, semble-t-il, parce que le terrain appartient toujours à la famille du noble à qui elle appartenait depuis le début. Donc en gros, on a une propriété dont on ne possède jamais plus que le bâti. Il faudra, je l'avoue, que j'approfondisse mes recherches là-dessus, je n'en sais pas plus. Ce système a comme conséquence que plusieurs bâtiments accolés ont souvent le même propriétaire de terrain, ce qui entraîne une homogénéïté spatiale (il ne laisserait pas faire n'importe quoi, il faut que tout soit rangé, quand même).

Ensuite le fait qu'il y ait des mini-cours donnant sur la rue, souvent de part et d'autre des escaliers pour entrer dans les bâtiments, entourées de ferronneries. Ces cours servaient autrefois à accéder à la cave à charbon qui se situait sous le trottoir, et à voir à l'intérieur pour chercher le charbon. D'ailleurs ce n'est pas ce qu'on appelle une cours anglaise ? encore quelque chose à vérifier.

Et en ce qui concerne les ferronneries d'art, on en observe beaucoup plus en Écosse qu'en Angleterre, qui ont pourtant sensiblement les mêmes matériaux (mais pas toujours les mêmes styles architecturaux pour cause de différences politiques affirmées). Pourquoi ? Parce que pour participer à l'effort de guerre de la Deuxième Guerre Mondiale, on a demandé à la population de les donner, pour pouvoir les fondre et les utiliser pour faire des armes ! Et que bien sûr les Écossais nétaient pas du même avis. Mais c'est bien sûr !

Encore merci M. Beaudet. Comme quoi à chaque fois que je sors de ce cours j'ai vraiment appris quelque chose.